Épilepsie et crises : ce qui se passe dans le cerveau

L’épilepsie est l’une des affections neurologiques les plus fréquentes. Elle touche en effet près d’une personne sur cent. Mais que ce passe-t-il dans le cerveau lors d’une crise ?

L’épilepsie est un trouble neurologique se manifestant par des crises épileptiques secondaires à un dysfonctionnement transitoire de cellules nerveuses cérébrales. Il est possible de convulser en dehors d’une épilepsie, en cas de fièvre par exemple chez les plus petit. Mais dans l’épilepsie, les crises ne sont pas en secondaires à un problème ponctuel ; le patient présente au contraire une hyperactivité neuronale chronique qui favorise globalement la survenue de crises.

Pour rappel, le cerveau est un peu à comparer à un ordinateur : la transmission d’informations entre les neurones est à l’image des transmissions électroniques dans une puce. Chez les personnes épileptiques, il y a une trop plein de courant donnant lieu de temps à autre à des courts-circuits. Des décharges électriques simultanées excessives engendrent alors des crises d’épilepsie dont la forme varient suivant la localisation du court-circuit et la façon dont celui-ci se propage. Si le court-circuit concerne les zones cérébrales de la motricité, de l’attention cognitives, des émotions ou des systèmes végétatifs, les crises présenteront des formes variables. Aussi, le type de décharges ou de court-circuits peut aussi induire des différences dans les symptômes cliniques.

Lien entre la localisation du foyer et la forme des crises épileptiques

L’épilepsie conduit à des crises dont les manifestations dépendent de la zone cérébrale impliquée. Une décharge dans la zone du cerveau contrôlant la motricité donne lieu à des mouvements incontrôlés à type de contraction ou de secousse musculaire. La zone analysant les stimulations tactile étant très proche de cette zone motrice, il est fréquent d’avoir des impressions d’engourdissements ou de fourmis. Un court-circuit dans les zones sensorielles visuelles et auditives peuvent engendrer des visions ou des illusions auditives. Dès lors que le bug a lieu au sein des zones associatives qui traitent de multiples informations complexes, les patients peuvent rapporter des sensations de lévitation, des hallucinations de musiques ou de scènes visuelles ; parfois des souvenirs ou des déjà-vus sont évoqués. Les crises dans les régions frontales, contrôlant les comportements en lien avec les émotions, peuvent donner des conduites très variables, avec des gesticulations brusques ou étranges, avec comportements de fuites ou frayeurs.

Crises partielles ou généralisées

Un autre élément susceptible d’influencer les manifestations épileptiques relèvent du caractère partiel ou général des crises : le court-circuit est-il localisé à un endroit, se propage-t-il à l’ensemble du cerveau ou est-il dès le départ généralisé ?

Les crises partielles ou focales peuvent être simples: elles sont alors souvent brèves, discrètes et n’occasionnent pas d’évanouissement. La forme de la crise dépend de la région d’où provient la décharge paroxystique : fourmillements, hallucinations visuelles ou auditives, secousse unilatérale d’un membre…

On parle de crise partielle complexe lorsque la crise ne se propage pas à tout le cerveau mais engendre néanmoins une perte de conscience. On observe souvent alors des activités automatiques comme la répétition d’un son, d’un mot ou d’un geste, parfois une déambulation. Les malades rapportent souvent une aura précédant la crise à type de boule ou nausée montant du cœur vers la gorge. Après la crise, les patients sont souvent confus et désorientés pendant quelques minutes.

La plupart du temps, les crises partielles ne se généralisent pas à l’ensemble du cerveau. Cependant, il arrive parfois que le court-circuit se propage : on parle alors de crises focales secondairement généralisées. Le début de la crise a alors la forme habituelle ; mais dans un second temps, la patient va souvent présenter une crise convulsive bilatérale. Après la crise, les maux de têtes, la fatigue, les nausées et la confusion peuvent durer plusieurs heures.

Une crise généralisée d’emblée peut prendre différentes formes. Dans les absences typiques, ou petit mal, les patients cessent leur activité pendant quelques secondes, avec un regard déviant régulièrement vers le haut, ne réagissant pas si quelqu’un leur parle ou les touche, et revenant à leur esprit sans trop de confusion après la crise. Les crises tonico-cloniques, appelés grand mal, sont un autre type de crise d’épilepsie généralisée très connu du grand publique. Des pleurs ou des gémissements précèdent souvent une chute, suivi de raidissements et de secousses musculaires, avec un réveil très confus et douloureux.

On parle de mal épileptique lorsque la personne présente plusieurs crises s’enchaînant très rapidement ou une grande crise de plus de 30 minutes. Cet état est une urgence médicale : le court-circuit continu semble susceptible d’abîmer les neurones et la crise peut engendrer un risque de suffocation ou d’œdème. En dehors des blessures liées à une éventuelle chute, il n’y a pas de risques médicaux ou de séquelles à craindre si les crises ne dépassent pas ces 30 minutes.

Conduite à tenir devant une crise d’épilepsie

Si vous êtes présent dès l’aura annonçant la crise ou au début de la crise, approchez-vous de la personne pour éviter qu’elle ne se blesse en cas de chute.

Enlevez les objets alentours pour limiter les risques de blessures en cas de convulsions. Retirez les lunettes et essayer de mettre un coussin ou un linge sous sa tête.

Faîtes sortir les personnes aux alentours : ce n’est jamais sympa quand on se réveille de savoir que toute l’école a assisté à la crise…

Démarrer un chronomètre ou mémoriser l’heure.

La langue sectionnée en cas de crises relève de la fiction – n’introduisez rien dans la bouche de la personne, cela risque d’être pire que mieux !

Si la personne n’est pas connue comme épileptique (1ère crise), si elle s’est blessée en chutant ou si la crise dure plus de 5 minutes, alertez les secours en composant le 15 ou le 18.

Le BUCCOLAM n’est pas donné systématiquement : si la crise dépasse le temps limite donné par le médecin, mettre dans la bouche entre gencive et joue. Voici une vidéo montrant comment administrer du buccolam.

 

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