Autisme et troubles du spectre de l’autisme

Autisme typique, autisme atypique, autisme de haut niveau, syndrome d’Asperger, trouble envahissant du développement parfois non spécifié, désordres multiples et complexes du développement, dysharmonie d’évolution, autisme infantile, autisme secondaire, trouble de la communication sociale pragmatique…

Voici quelques terminologies issues des principales classifications qui servent généralement à étiqueter les personnes présentant des difficultés sociales et relationnelles notables, telles que les personnes avec autisme.

Les différences entre ces notions ?

Plein ! Tellement que les professionnels eux-mêmes finissent par avoir du mal à savoir qu’est-ce qui est quoi ! Le fait que les classifications se superposent et bougent avec le temps n’y est évidemment pas pour rien. Ajoutons à cela l’évolution des jeunes avec le temps et les prises en charge… Leur évolution ne permet parfois plus de cocher les mêmes critères.

Bref, c’est ainsi que j’ai vu des jeunes recevoir des diagnostics différents suivant le centre pluridisciplinaire compétent vu. L’austime, c’est donc souvent compliqué rien que pour ce qui est du diagnostic !

Ce diagnostic est pourtant souvent très attendue par la famille. Pas tant pour savoir, car une étiquette n’explique jamais rien. Mais plutôt pour accéder aux soins ou aux compensations de la MDPH, ou pouvoir expliquer aux personnes qui vous regardent de haut que non, il ne s’agit pas juste d’une mauvaise éducation !

Si ces différentes terminologies restent pertinentes pour la reconnaissance des troubles et l’avancée des recherches, parler plus largement de trouble de spectre autistique est finalement moins confusant. Et c’est un peu ce vers quoi tend le DSM-5, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association Américaine de Psychiatrie, l’une des classifications faisant référence mondialement.

On précisera alors si le trouble est léger, modéré ou sévère. De même, une déficience intellectuelle, un dys-quelque chose ou une hyperactivité est-elle aussi présente ? Existe-il des troubles sensoriels ou neurologiques ? L’enfant semble-t-il dans sa bulle, en retrait, ou pris dans un imaginaire, semblant parfois délirant ou halluciné ?

 

On retient 5 critères pour parler d’autismes ou de troubles du spectre autistique :

  • Problème dans la communication sociale et les interactions sociales dans de multiples contextes

    • Avec souvent : fuite du regard, absence de pointage, faiblesse du langage, difficulté à comprendre les implicites de la communication, pas de deuxième degré…
  • Modes restreints et répétitifs de comportements, d’intérêts ou d’activités

    • Régulièrement : mouvements étranges et répétitifs, nombreux rituels, intérêts anormaux dans leur intensité ou leur orientation, niveau d’intérêt inhabituel ou sensibilité atypique pour les aspects sensoriels de l’environnement
  • Début dans la période de développement précoce

    • Ne se donne pas toujours à voir de suite mais rapidement dans les formes peu sévères : cela apparaît alors plus nettement rapidement au fil de l’avancée en âge
  • Engendre une altération cliniquement significative du fonctionnement dans les domaines sociaux, scolaires ou professionnels, ou d’autres domaines importants

    • Bref, c’est gênant et nettement déviant… cependant, ça ne le reste pas toujours avec les aides apportées et les stratégies de compensation
  • Ces perturbations ne sont pas mieux expliquées par une déficience intellectuelle

    • Beaucoup d’autistes sont aussi porteur d’une déficience. Pour poser ces deux diagnostics, la communication sociale doit être inférieure à celle prévue pour le niveau de développement général. Sinon, on parlera de déficience intellectuelle (au premier plan), avec autisme secondaire (comme conséquence des troubles cognitifs globaux)

On parle souvent d’autisme typique, en opposition à l’autisme atypique. Dans le premier cas, tous les critères sont retrouvés, tandis que dans le second, presque tous les critères sont retrouvés. Dans ces dernières formes atypiques, notamment sans comportement ou intérêts restreints ou stéréotypées, on parle régulièrement de trouble envahissant du développement non spécifié – TED (CIM-10) et/ou trouble de la communication sociale pragmatique (DSM-5). Dans le DSM-5, ce trouble sort d’ailleurs du champ du spectre de l’autisme ; mais si la personne présentait des activités répétitives ou restreintes dans le passé, un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme pourra quand même être posé.

En sommes, vous l’aurez compris, difficile de donner une définition précise de toutes les expressions des troubles du spectre de l’autisme ! Certains enfants sont non-verbaux tandis que d’autres parlent beaucoup ; quelques-uns refusent d’être touchés ou présentent des comportements auto-mutilatoires alors que ce n’est pas du tout retrouvé chez d’autres. S’il existe vraisemblablement différentes formes, les autistes possèdent aussi, comme tout autre individu, leur propre caractère !

D’où viennent les troubles autistiques ?

Pour ce qui est des causes, les spécialistes ont d’abord cru à l’idée que l’autisme découlait d’une attitude parentale inadaptée. Si dans certaines situations de maltraitance cela peut éventuellement être le cas ne serait-ce qu’en partie (sinon tous les enfants maltraités seraient aussi autistes), on constate aujourd’hui que cette théorie a provoquée plus de souffrances chez les parents que de résultats chez les patients. Il n’y a toujours aucun consensus quant à la nature exacte des causes de l’autisme. Mais les publications scientifiques suggèrent fortement l’existence d’une prédisposition génétique et son interaction probable avec d’autres éléments. Certaines atteintes cérébrales ou toxiques favorisent aussi ces troubles. De fortes présomptions impliquent aussi bon nombre de facteurs bio-environnementaux.

Que faire devant des troubles autistiques ?

L’évolution des connaissances touche aussi la question des traitements et des soins, qui doivent être précoces et pluridisciplinaires.

Il en existe tant qu’il m’est impossible d’en dresser une liste exhaustive et d’en préciser le fonctionnement. Par ailleurs, je ne les connais pas toutes et j’utilise essentiellement des outils adaptées aux jeunes avec forme modérée à liminaire – mais j’ai bien en tête d’alimenter le site en articles décrivant les principes des stratégies que j’utilise.

Pour les jeunes avec forme moyenne à liminaire, la rééducation des habiletés pré-sociales, un travail autours de la théorie de l’esprit et l’apprentissage de stratégies de résolutions de conflit font partie des abords que je peux proposer. La remédiation des fonctions attentivo-exécutives avec résolution de problèmes sont aussi des pistes de soutiens fréquemment envisagées. L’autodétermination peut aussi être travaillée dès l’adolescence.

La pédagogie et le rythme d’apprentissage doivent souvent être adaptés. L’inclusion à l’école nécessite alors bien souvent un dossier MDPH et touche plus largement un autre gros enjeux : l’inclusion dans la société. Dans ce domaine, les politiques et les moyens mis en œuvre restent sans doute insuffisants ; mais c’est aussi l’acceptation des différences dans notre société sur laquelle il y a beaucoup à faire…