répétition schéma

La thérapie pour les schémas qui se répètent dans ta vie et qui te gavent

As-tu déjà eu l’impression de revivre inlassablement les mêmes scénarios ? De te dire « C’est toujours pareil, je tombe toujours sur le même genre de personne » ou « Je finis toujours par tout gâcher » ?

Si cela te parle, c’est peut-être que des schémas sont à l’œuvre. Aujourd’hui, on plonge ensemble dans la Thérapie des Schémas, un outil issu des thérapies cognitives et comportementales (TCC) qui permet de comprendre pourquoi on réagit parfois de façon « automatique », même quand cela nous fait souffrir.

Un cerveau en mode économie d’énergie qui fonctionne par stéréotype

Pour comprendre les schémas, il faut d’abord comprendre comment fonctionne ton esprit. Ton cerveau est une machine formidable, tout ça tout ça, mais il est aussi un peu… fainéant ! Ou économe si tu préfères !

Plutôt que d’analyser chaque nouvelle situation en profondeur – ce qui prendrait un temps fou et beaucoup d’énergie, il préfère utiliser des raccourcis. Il voit le monde à travers des filtres, des représentations rapides et peu conscientes qu’il a construites au fil de tes expériences passées. C’est ce qu’on appelle des schémas. Bref, tu vois comment peuvent se mettre en place les stéréotypes, ba tout pareil !

Et dans l’absolu, c’est utile : cela permet de donner du sens rapidement à ce qui t’entoure sans avoir à te prendre la tête à chaque instant. Ces schémas guident tes pensées, tes émotions et tes conduites.

Le problème, c’est que nous n’avons pas tous eu la même chance avec nos expériences de vie. Tout particulièrement si tu as vécu des situations difficiles, répétées ou traumatisantes, ton cerveau a enregistré des schémas qui étaient peut-être adaptés pour survivre à l’époque, mais qui sont devenus inadaptés aujourd’hui.

Jeffrey Young, le psychologue à l’origine de cette thérapie, a décrit ces situations comme s’étant structurées avec des schémas précoces inadaptés. Ce sont comme des lunettes déformantes qui te poussent à avoir une vision biaisée de toi-même et des autres, entraînant souvent des difficultés relationnelles ou une souffrance psychologique.

Un exemple est toujours plus parlant !

Pour bien comprendre, prenons un exemple concret : le schéma abandon. Imaginons que tu aies vécu, directement ou indirectement, des abandons réels ou symboliques dans ton passé. Ton cerveau a enregistré l’information : « Les gens que j’aime finissent par partir ». Ce schéma est là, prêt à s’activer à la moindre alerte, c’est-à-dire quand tu pourrais commencer à t’attacher à quelqu’un – bref assez souvent quoi !

Young décrit diverses façons de se comporter envers un schéma : capitulation, évitement et compensation. Tu vas comprendre.

La Capitulation, c’est du on rejoue le film. Ici, tu suis ton schéma inconsciemment et tu y remets une pièce. Tu vas, sans t’en rendre compte, te retrouver dans des situations qui confirment ta croyance. Concrètement, dans ce cas, tu ne tombes amoureux(se) que de personnes instables, distantes ou infidèles. L’abandon est plus que probable, et ça continue…

L’Évitement, là on fuit le danger – mais ça marche pas ! Ton cerveau sait que l’abandon fait mal, alors il décide de supprimer tout risque. Ca donne quoi ? Tu évites toute relation intime ou sérieuse. Tu t’isoles. Si tu ne t’attaches pas, on ne peut pas t’abandonner. Sauf que l’isolement total ne rend hélas pas plus heureux ! Et que tu gardes ton schémas…

La Compensation, où on se bat contre le schéma. Ici, tu entres en guerre contre ton schéma. Tu vas essayer de tout contrôler pour que l’abandon n’arrive jamais. Des exemples ? Tu es en couple avec quelqu’un de bien, tes amis sont fiables. Mais le schéma s’active quand même ! Dès que ton/ta chéri(e) sort sans toi, c’est la panique. Tu envoies des textos insécures genre « Tu es avec qui ? », « Tu rentres quand ? ». Tu cherches à te rassurer, mais ironiquement, ce comportement étouffant risque de faire fuir l’autre… ce qui validera ton schéma de départ.

Ok, et c’est quoi la thérapie des schémas du coup ?

L’objectif, c’est de t’aider à reprendre les commandes du navire quand la peur de l’abandon pointe le bout de son nez. Pour ça, on va suivre en gros 4 étapes clés :

D’abord, quels sont tes schémas et comment se sont-ils construit ? Avant de changer le futur, il faut comprendre le passé. On va chercher l’origine du « bug ».

Pour l’exemple du schéma abandon, on va regarder d’où vient cette certitude que « les gens finissent toujours par partir ». Est-ce lié au divorce de tes parents quand tu avais 5 ans ? À cette hospitalisation où tu t’es senti seul ? À une ex-relation toxique ? Et on va faire le point sur maintenant, comprendre que ce schéma était une réaction normale à une situation anormale du passé. C’est un vieux logiciel de protection qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui.

Bon, c’est bien. Mais il faut encore avoir en tête comment ce schéma induit des pensées, des émotions et des comportements de merde. Bref, savoir reconnaître tes triggers et tes modes de réaction. Par exemple, uand ton chéri ou ta meilleure amie ne répond pas à ton SMS dans la minute, ton schéma hurle et c’est là que tu enfiles, sans t’en rendre compte, un costume de survie qui aggrave souvent la situation.

Lequel est le tien ?

  • Le Collant (Contre-attaque) : Tu le bombardes de messages (« T’es où ? », « Tu m’aimes plus ? »). Tu l’étouffes pour être sûr qu’il est là… au risque de le faire fuir pour de bon (et de confirmer ton schéma !).
  • Le Fantôme (Fuite) : Tu te dis « Puisque c’est comme ça, je le quitte avant qu’il ne me quitte ». Tu bloques son numéro ou tu fais la morte. Tu te protèges, mais tu finis seule (ce qui confirme ton schéma !).
  • L’Éponge (Capitulation) : Tu te roules en boule dans ton lit en pleurant, persuadé(e) que tu ne vaux rien et que c’est normal qu’on t’oublie. Tu subis ta peur.

Ca fait, c’est le moment de mettre ton schéma au tribunal. Est-ce que ce que ta peur te raconte est vraiment la réalité ? On va utiliser ta logique d’adulte pour rassurer ton enfant intérieur et écrire un nouveau scénario, celui de l’adulte sain, confiant et sécure. C’est la phase de restructuration cognitive.

« Ok, mon schéma me hurle qu’il ne répond pas parce qu’il est en train de me quitter. Mais regardons les faits : il est 15h, il est au travail, et il m’a dit ce matin qu’il avait une grosse réunion. Est-ce qu’être occupé au travail = m’abandonner ? Non. La probabilité qu’il soit juste concentré est de 99%. Au lieu de harceler ou de bouder, je vais… poser mon téléphone. Je vais aller faire une activité qui me fait du bien (sport, lecture, voir un autre ami) pour me remplir moi-même. Et quand il répondra ce soir, je serai détendu(e) et content(e) de lui raconter ma journée, sans reproches. C’est ça, briser le cercle vicieux ! Au lieu de harceler (Collant) ou de bouder (Fantôme), je vais… poser mon téléphone. Je vais aller faire une activité qui me fait du bien (sport, lecture, voir un autre ami) pour me remplir moi-même. Et quand il répondra ce soir, je serai détendu(e) et content(e) de lui raconter ma journée, sans reproches. C’est ça, briser le cercle vicieux ! »

On commence comment ?

Tu veux essayer d’y voir plus clair ? Un simple petit carnet ou un bullet journal peut être un excellent allié.

Mais il ne faut pas se mentir, ces mécanismes sont parfois si anciens et automatiques qu’ils deviennent invisibles à tes propres yeux. Faire l’analyse toi même, parfois aidé de proches bienveillant n’y suffit pas toujours. Pour t’en dépêtrer vraiment, l’aide d’un thérapeute est souvent indispensable. C’est une démarche qui demande de la patience et de la persévérance, car on ne réécrit pas des années d’histoire en quelques jours, mais ça vaut le coup !

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