Schémas dysfonctionnels et TDAh

Schémas dysfonctionnels et symptômes de TDAh

Le diagnostic du Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, communément appelé TDAh, est complexe. Si ce trouble neurodéveloppemental est bien réel, il arrive fréquemment que ses symptômes soient imités, amplifiés ou même totalement simulés par ce que l’on appelle en psychologie des schémas précoces inadaptés. Dans le cas d’un véritable TDAh, dont ces schémas aggravent alors souvent les symptômes, on me demande souvent ce qui peut être fait en cas de TDAh, et c’est une des pistes de travail intéressante et complémentaire à un abord purement cognitif ou neuro.

Ces schémas sont des mécanismes émotionnels et cognitifs, souvent construits dans l’enfance, qui agissent comme des filtres déformants sur notre réalité. Ils consomment une énergie mentale considérable, pouvant mener à des comportements qui ressemblent à s’y méprendre à de l’inattention, de l’impulsivité ou de la désorganisation. J’y consacre un article entier ici et je vous conseille peut-être d’y faire un tour avant de lire la suite.

Bref, pour vous de l’utilité d’inspecter d’éventuels schémas dysfonctionnels en cas de tendance TDAh, voici tout simplement 10 exemples concrets illustrant comment ces schémas dysfonctionnels peuvent créer l’illusion d’un TDAh ou en aggraver les manifestations. 

Quand l’Exigence bloque l’action (Donne de la Procrastination)

Ton fonctionnement : Ton schéma « Idéaux Exigeants » te murmure constamment que si ce n’est pas parfait, cela ne vaut rien. Face à l’organisation complexe d’un événement ou à des démarches administratives, la barre est placée si haut que la tâche semble insurmontable.

L’effet visible : Tu remets au lendemain. Ce n’est pas de la paresse ni une incapacité structurelle à planifier comme dans le TDAh, mais une paralysie due à l’enjeu de perfection qui génère une anxiété bloquante.

Quand le souci des autres sature la mémoire (Trous de mémoire)

Ton fonctionnement : Avec un schéma d' »Abnégation » très fort, ton cerveau est en permanence occupé par les besoins et les dossiers des autres, que ce soit ta famille, tes enfants ou tes collègues. Ton disque dur mental est littéralement rempli par la charge mentale d’autrui.

L’effet visible : Tu oublies tes propres clés, un rendez-vous médical ou ce que tu venais chercher dans une pièce. Ce n’est pas que ta mémoire est défaillante biologiquement, c’est qu’elle est saturée. C’est un débordement émotionnel, pas un déficit cognitif.

Quand le critique intérieur fait du bruit (Amène de l’inattention)

Ton fonctionnement : Le schéma de « Punition » agit comme un juge intérieur sévère qui commente tes moindres faits et gestes, te répétant que tu aurais dû faire mieux ou que c’est ta faute.

L’effet visible : Quand tu essaies de te concentrer sur un livre ou une conversation, une partie de ton attention est happée par ce discours interne critique. Tu sembles ailleurs ou distraite aux yeux des autres, mais tu es en réalité en lutte contre toi-même à l’intérieur de ta tête.

Quand l’alerte danger empêche le repos (Simule l’hyperactivité par de l’hypervigilance)

Ton fonctionnement : En lien avec des expériences traumatiques passées ou un climat insécurisant, le schéma de « Méfiance » ou de « Vulnérabilité » maintient ton cerveau en état d’hypervigilance. C’est comme un radar qui ne s’éteint jamais pour assurer ta sécurité.

L’effet visible : Cela crée une tension physique, une difficulté à se poser, un besoin de vérifier ou de bouger constamment. Cela ressemble à de l’agitation motrice typique de l’hyperactivité, mais c’est en réalité une incapacité anxieuse à baisser la garde.

Quand la frustration devient intolérable (Simule l’impulsivité)

Ton fonctionnement : Paradoxalement, parfois à côté d’un grand dévouement, il existe une part de toi liée au schéma « Grandeur » ou « Droits personnels exagérés » qui peut ressentir une vive injustice face aux contraintes banales du quotidien, estimant que tu ne devrais pas avoir à subir cela.

L’effet visible : Face à une tâche administrative ou une file d’attente, l’irritation monte très vite. Tu peux avoir envie de tout envoyer promener ou réagir vivement. Cette réaction émotionnelle rapide peut être confondue avec l’impulsivité neuronale du TDAh, mais elle est l’expression d’un ras-le-bol émotionnel et d’une intolérance à la frustration.

Quand la peur de ne pas y arriver paralyse (Ressemble à un défaut d’initiation)

Ton fonctionnement : Le schéma d' »Échec » te persuade que quoi que tu fasses, tu finiras par échouer ou que tu es moins compétent que les autres. Tu anticipes le fiasco avant même d’avoir commencé.

L’effet visible : Tu évites de te mettre au travail, tu abandonnes devant la difficulté ou tu sembles manquer de motivation pour lancer des projets. Cela mime le déficit d’auto-activation du TDAh, alors qu’il s’agit d’une stratégie d’évitement pour ne pas confronter son sentiment d’incompétence.

Quand le besoin de l’autre empêche l’autonomie (Mime la désorganisation)

Ton fonctionnement : Avec un schéma de « Dépendance / Incompétence », tu te sens incapable de gérer ta vie quotidienne sans l’aide d’autrui. Tu ne te fais pas confiance pour prendre les bonnes décisions ou organiser les choses correctement.

L’effet visible : Tu sollicites constamment l’avis des autres, tu peines à structurer tes journées seule ou tu attends qu’on te dise quoi faire. Cela peut passer pour un dysfonctionnement exécutif, c’est-à-dire une incapacité du cerveau à s’organiser, alors que c’est une croyance en sa propre incapacité qui freine l’autonomie.

Quand le vide intérieur cherche à être comblé (Apparence de recherche de stimulation)

Ton fonctionnement : Le schéma de « Carence Affective » crée un sentiment profond de vide et de manque émotionnel. Pour ne pas ressentir ce vide douloureux, tu cherches constamment à le combler.

L’effet visible : Tu peux avoir des comportements de consommation excessive, scroller sur ton téléphone pendant des heures, manger compulsivement ou changer d’activité sans cesse. Cette quête perpétuelle de stimulation extérieure ressemble à la recherche de dopamine du cerveau TDAh, mais elle vise ici à anesthésier une douleur affective.

Quand la peur du rejet isole dans une bulle (Passe pour de la rêverie)

Ton fonctionnement : Le schéma d' »Exclusion » ou d' »Isolement social » te fait sentir différent des autres, comme si tu n’appartenais à aucun groupe. En société, tu te sens en insécurité et tu t’attends à être jugé ou rejeté.

L’effet visible : Pour te protéger, tu te réfugies dans tes pensées ou tu te mets en retrait lors des réunions ou des soirées. Tu sembles dans la lune, déconnecté ou inattentif aux conversations, ce qui est un symptôme classique du TDAh, alors qu’il s’agit d’un mécanisme de défense sociale.

Quand l’incapacité à dire non surcharge l’emploi du temps (Mime une mauvaise gestion du temps)

Ton fonctionnement : Le schéma d' »Assujettissement » te pousse à faire passer les désirs des autres avant les tiens par peur des représailles ou de la colère, t’empêchant de poser des limites saines.

L’effet visible : Tu acceptes trop de tâches, tu te retrouves débordé, tu cours partout et tu es toujours en retard car ton planning est irréaliste. Cela ressemble à la cécité temporelle du TDAh, cette difficulté à évaluer le temps, mais c’est en réalité une incapacité relationnelle à refuser des sollicitations qui mène au chaos.